Musique Classique & Opéra

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  • Musique classique

On désigne par les termes de musique classique l’ensemble de la musique occidentale savante, par opposition à musique populaire, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours. Plus spécifiquement, l’expression désigne également la musique du courant classique écrite entre la mort de Jean-Sébastien Bach ( 1750 ) et l’avènement du romantisme, dans les années 1820.

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Le compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791 ) est peut-être le plus connu des compositeurs de musique classique. Son immense notoriété entretient la confusion entre les termes « musique classique », au sens de musique savante occidentale et « musique de la période classique »

 

La frontière qui délimite la musique dite classique de la musique dite populaire est parfois extrêmement ténue. Tout d’abord, il est intéressant de constater que la musique de la Renaissance ( dite classique ) tire ses sources tant du chant grégorien que de la musique profane des troubadours et trouvères médiévaux. Inversement, la musique de variété du XXe siècle se base en grande majorité sur le système tonal, introduit par la musique baroque à l’aube du XVIIe siècle. Les connexions entre les deux grandes familles de la musique européenne sont donc nombreuses, ce qui rend d’autant plus flou le terme de musique classique. En outre, le terme musique classique ( musique qui mérite d’être imitée ) sous-tend la notion de répertoire qui, avant le XIXe siècle, est tout simplement anachronique.

 

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Le virtuose, Henri Vieuxtemps ( 1820 – 1881 ) écrivait ses œuvres pour ses propres concerts. Elles sont encore jouées aujourd’hui.

 

C’est probablement la notion de répertoire qui différencie le plus sûrement la musique classique de la musique populaire, et ce, depuis le début de la Renaissance. La tradition musicale savante différencie l’interprète du compositeur, qui écrit ses œuvres non seulement pour lui, mais éventuellement aussi ( ou exclusivement parfois ) pour d’autres musiciens, alors eux-mêmes vecteurs pour atteindre l’auditeur. La musique populaire serait ainsi ancrée dans son époque, mais n’y survivrait pas, tandis que la musique classique est conçue pour résister à l’épreuve du temps à travers des générations d’interprètes.

La musique classique disposerait donc de ce que Nicholas Cook a appelé un  » capital esthétique « , c’est-à-dire un répertoire, de par la distinction entre interprète et compositeur, tandis que la musique populaire serait écrite pour et / ou par un musicien ou un groupe de musiciens pour lui même.

 

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Franz Liszt

 

Toujours d’après Nicholas Cook, la conception de la musique dont notre époque a hérité date du XIXe siècle, et tient principalement au personnage de Ludwig van Beethoven. La notion de répertoire, de « musée musical » dont Liszt réclamera la fondation 1835 en tant qu’institution, n’existait absolument pas avant l’ère romantique. Ainsi, des compositeurs tels que Jean-Philippe Rameau, Johann Sebastian Bach ou Joseph Haydn, écrivaient leurs œuvres pour une occasion précise ( la messe du dimanche ou le dîner du prince Esterházy, par exemple ), et tout donne à croire qu’aucun d’entre eux ne s’attendait à voir ses ouvrages passer à la postérité. L’un des exemples fameux est la Passion selon Saint Matthieu, dont l’exécution en 1829 par Félix Mendelssohn était la première depuis la création de l’œuvre, cent-deux ans plus tôt. De même, on sait avec assez de certitude qu’une fraction importante de leur œuvre nous est inconnue ( seules 126 des 200 cantates que Bach écrivit à Leipzig nous sont parvenues ).

On remarquera aussi que ces compositeurs réutilisaient souvent le matériel d’une œuvre pour l’écriture d’une autre selon le procédé de la parodie. Ainsi l’intégralité du premier concerto brandebourgeois de Johann Sebastian Bach se retrouve-t-elle dans les cantates BWV 52 et BWV 207 et la Sinfonia BWV 1071 ; ses 8 concertos pour clavecin sont des arrangements d’œuvres plus anciennes ; sa Messe en si mineur est composée pour l’essentiel de pages puisées dans différents ouvrages antérieurs.

Ce que souligne en outre Nicholas Cook, c’est que le terme de musique classique a été créé pour désigner justement les œuvres de ce musée musical imaginaire, musée qui n’existait pas avant le XIXe siècle. La notion de musique classique aurait donc été formée a posteriori de la moitié de la musique qu’elle est censée désigner et serait donc plus que sujette à caution.

L’avènement de ce musée musical fut contemporain de l’ouverture des musées d’arts plastiques ou de sciences naturelles.

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Ludwig Van Beethoven est l’une des figures les plus marquantes de la musique classique occidentale

On ne saurait sous-estimer l’influence que la musique populaire a eu dans l’histoire de la musique sur la musique classique. La musique baroque utilise et réinvente des danses populaires telles que la chaconne, la gigue, la gavotte, le menuet, éléments incorporés à la suite de danses, établissant des rapports étroits avec la musique populaire. En France, les organistes adoptent les mélodies traditionnelles des chants de Noël pour en faire un genre très apprécié : le Noël varié. C’est aussi la vogue des tambourins, rigaudons, musettes que l’on retrouve tant dans la musique instrumentale que dans la tragédie lyrique ou les pastorales, par exemple chez Rameau. La musique pour clavecin de Domenico Scarlatti incorpore toute une tradition musicale populaire ibérique, et Georg Philipp Telemann, musicien fécond et éclectique, subit de même le charme des airs de la Pologne récemment réunie à la Saxe. Même Bach dans ses suites, n’ignore ni la bourrée, ni la polonaise. Plus tard au cours du XVIIIe siècle, des compositeurs classiques comme Joseph Haydn tirent parti de la musique et de thèmes campagnards.

Frédéric Chopin

Lorsque s’éveille au XIXe siècle le nationalisme, le panorama musical européen s’en trouve bouleversé. La musique devient un moyen d’exprimer une identité nationale, opprimée ou triomphante. On ne saurait minimiser l’importance qu’ont pu avoir des compositeurs comme Edvard Grieg ou Antonín Dvořák, qui, utilisant les thèmes folkloriques des campagnes tchèques ou norvégiennes, ont grandement contribué à forger une conscience nationale dans leurs patries respectives. Les Danses hongroises de Johannes Brahms, les polonaises de Frédéric Chopin sont parmi les exemples les plus célèbres, mais toute la musique de compositeurs comme Leoš Janáček, Franz Liszt, Henryk Wieniawski ou Sergueï Rachmaninov est profondément marquées par leur folklore national, contribuant à créer un style propre et aisément reconnaissable à chaque nation, à chaque peuple.

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Serguei Rachmaninov

Bien entendu, il ne s’agit alors que de s’inspirer de thèmes et mélodies folkloriques et de les utiliser dans un contexte éminemment romantique. Plus tard, d’autres compositeurs comme Béla Bartok ou Georges Enesco pousseront l’expérience beaucoup plus loin, bâtissant leur langage original sur la musique des villages hongrois et roumains.En outre, l’apport de musiques telles que le jazz ou le blues a énormément marqué des compositeurs comme Maurice Ravel ou George Gershwin, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux. De près ou de loin, presque toute la musique savante du XXe siècle est influencée par les différents styles populaires.

Pour autant, l’apport de la musique classique à la musique populaire n’en est pas moins important. Le langage tonal, qu’utilisent l’immense majorité des musiciens de variété a été élaboré au début de la période baroque. En outre, les différentes musiques populaires sont généralement liées de près ou de loin à un pan du répertoire classique, même si ces influences sont très rarement revendiquées. Pourtant, l’utilisation d’un système tonal on ne peut plus conventionnel par des groupes pop tels que Oasis, avec des enchainements d’accords et des marches harmoniques dignes de la plus pure tradition classique, ou les influences de compositeurs baroques ( Vivaldi et Bach ) sur des guitaristes de hard rock tels que Eddie Van Halen ou Randy Rhoads sont tout à fait décelables par une oreille avertie.

  • Opéra

L’opéra est un terme générique qui désigne une œuvre destinée à être chantée sur une scène, appartenant à un genre musical vocal classique du même nom et pouvant être considérée comme l’une des formes du théâtre musical occidental regroupées sous l’appellation d’art lyrique.

L’œuvre, chantée par des interprètes possédant un registre vocal déterminé en fonction du rôle et accompagnés par un orchestre, parfois symphonique, parfois de chambre, parfois dédié exclusivement au seul répertoire d’opéra, est constituée d’un livret mis en musique sous forme d’airs, de récitatifs, de chœurs, d’intermèdes souvent précédés d’une ouverture, et parfois agrémentée de ballets.

Le genre musical est décliné selon les pays et les époques et recouvre des œuvres d’appellations et de formes différentes.

Aujourd’hui, les œuvres sont jouées dans des salles d’opéra spécifiquement dédiées ou tout simplement sur des scènes de théâtre ou dans des salles de concerts.

Les représentations sont organisées par des institutions du secteur public ou privé, parfois désignées sous le vocable de  » maison d’opéra « , qui peuvent regrouper les compagnies d’artistes ( orchestre, chœur et ballet ) et les services administratifs et techniques nécessaires à l’organisation des saisons culturelles.

L’opéra est né en Italie à Florence au XVIIe siècle. Parmi les ancêtres de l’opéra figurent les madrigaux italiens, qui mirent en musique des situations avec des dialogues, mais sans jeu de scène. Les mascarades, les ballets de cour, les intermezzi, ainsi que d’autres spectacles de cour de la Renaissance, faisant intervenir des figurants, de la musique et de la danse, sont autant de précurseurs. L’opéra proprement dit émane d’un groupe de musiciens et d’intellectuels humanistes florentins qui s’étaient donné le nom de Camerata ( « salon » en italien ). La Camerata, appelée aussi Camerata fiorentina ou encore Camerata de’Bardi, du nom de son principal mécène, s’était fixé deux objectifs principaux : faire revivre le style musical du théâtre grec antique et s’opposer au style contrapuntique de la musique de la Renaissance. En particulier, ils souhaitaient que les compositeurs s’attachent à ce que la musique reflète, simplement et mot pour mot, la signification des textes. La Camerata pensait reprendre en cela les caractéristiques de la musique grecque antique. Pour atteindre ce but, on utilise la monodie accompagnée par la basse continue, les chœurs madrigalesques et les ritournelles et danses instrumentales.

Le premier février 1598, Jacopo Peri écrit Daphne, que l’on considère alors comme le premier opéra.

Le premier grand compositeur d’opéras fut l’Italien Claudio Monteverdi. Ses opéras ( l’Orfeo, 1607 ; Le Retour d’Ulysse, 1640 ; Le Couronnement de Poppée, 1642 ) appliquaient les bases de l’opéra, définies par la Camerata.

L’opéra se répandit rapidement dans toute l’Italie. Le principal centre de l’opéra en Italie au milieu et à la fin du XVIIe siècle était Venise. Les principaux compositeurs romains étaient Stefano Landi et Luigi Rossi. Les principaux compositeurs vénitiens de cette époque furent Monteverdi, Francesco Cavalli ( 1602-1676 ) et Antonio Cesti ( 1623-1669 ).

Dans un cénacle florentin à la fin du XVIe siècle, quelques artistes réunis autour du mécène Giovanni Bardi, en réaction contre les excès de la polyphonie de la Renaissance, voulurent revenir à des spectacles lyriques, tels qu’ils s’imaginaient être conçus pendant l’Antiquité classique gréco-romaine, avec une musique qui permettrait de mettre en valeur le texte et non de le rendre incompréhensible par la complexité des architectures sonores de son accompagnement.

Si Claudio Monteverdi n’est pas le premier compositeur à traduire ce programme ( le premier opéra, Dafne, étant attribué à Jacopo Peri en 1597 chez le comte Bardi ) , c’est lui qui porta dès ses débuts l’opéra à un état de perfection qui suscita l’émulation des autres musiciens et la faveur du public. La formule se répandit rapidement dans toute la péninsule italienne, et l’on assista à la création d’écoles locales réputées, par exemple à Venise ( Legrenzi, Caldara, Lotti, Vivaldi, etc. ) et à Naples ( A. Scarlatti, Nicola Porpora, Vinci, Leo Jommelli etc. ). Le genre fut adopté par les musiciens allemands ayant séjourné en Italie, rivalisant alors avec les italiens eux-mêmes ( Haendel, Hasse ) puis importé dans les autres pays d’Europe, à l’exception notable de la France. À vrai dire, la mise en valeur du bel canto ( « beau chant » en italien ) à l’italienne remplaça rapidement la volonté de simplification et d’épuration du chant qui avait présidé à la création du genre. Composés par centaines en réutilisant les mêmes livrets tirés de la mythologie, de l’histoire antique ou des épopées, les opéras italiens de cette époque enchaînaient récitatifs mélodiques ou presque parlés et arias da capo permettant aux primas donnas et aux castrats de montrer leur virtuosité. Le genre se scinda en opera buffa et opera seria ; le plus recherché des librettistes fut Métastase.

Au XIXe siècle, l’opéra italien continua de laisser une place de choix à la voix. Gioacchino Rossini composa des opéras-comiques comme Le Barbier de Séville ( 1816 ) et La Cenerentola ( 1817 ), qui ont éclipsé ses œuvres plus dramatiques, comme Guillaume Tell ( 1829 ). Le style du bel canto, caractérisé par des airs coulants, expressifs et souvent spectaculaires, s’est également épanoui dans les œuvres de Vincenzo Bellini, dont Norma ( 1831 ), La Sonnambula ( 1831 ) et I puritani ( 1835 ), ainsi que dans les opéras de Gaetano Donizetti, Lucia di Lammermoor ( 1835 ), ou dans ses comédies L’Élixir d’amour ( 1832 ) et Don Pasquale ( 1843 ). Il faut aussi parler de Domenico Cimarosa ( 1749-1801 ) qui a écrit Le Mariage secret.

L’homme qui a personnifié l’opéra italien est sans conteste Giuseppe Verdi : il a insufflé à ses œuvres une vigueur dramatique et une vitalité rythmique inégalées. Il composa nombre d’opéras dont Nabucco ( 1842 ), Ernani ( 1844 ) Rigoletto ( 1851 ), Il Trovatore ( Le Trouvère, 1853 ), La Traviata ( 1853 ), Un ballo in maschera ( Un bal masqué, 1859 ), La Forza del destino ( La Force du destin, 1862 ) et Aïda ( 1871 ), qui associe les splendeurs visuelles du grand opéra aux subtilités musicales d’une histoire d’amour tragique. Néanmoins, les opéras de Verdi restent profondément italiens, utilisant la voix humaine comme principal moyen d’expression.

L’opéra italien arrive en France en 1645 : le cardinal Mazarin avait fait venir de Venise une troupe qui interpréta La finta pazza à la cour de Louis XIV : le succès est immédiat. Mais il faut attendre 1671 pour voir le premier opéra réellement « français » : Pomone, de Robert Cambert et Pierre Perrin.

Au début du XVIIIe siècle, le style napolitain s’établit dans pratiquement toute l’Europe, sauf en France où le compositeur Jean-Baptiste Lully, musicien de Louis XIV, fonda une école française d’opéra. Ses compositions reflétaient le faste de la cour de Versailles. Le ballet avait une place beaucoup plus importante dans les opéras français de Lully que dans les opéras italiens. Lully créa également un type d’ouverture, l’ouverture à la française. Alceste ( 1674 ), Atys ( 1676 ), Roland ( 1685 ), Armide ( 1686 ), Acis et Galatée ( 1686 ) restent ses chefs-d’œuvre.

Jean-Philippe Rameau avec Hippolyte et Aricie ( 1733 ), Castor et Pollux ( 1737 ) et Dardanus ( 1739 ), Les Indes galantes ( 1735 ), et Les Boréades ( 1764 ); Marc-Antoine Charpentier avec Médée ( 1693 ) et David et Jonathas ( 1684 ); André Campra avec Achille et Déidamie ( 1735 ) enrichirent à leur tour l’héritage de Lully.

Au cours du XIXe siècle, le romantisme se développa en France, en Allemagne et en Italie, et gagna l’opéra. Paris était alors le berceau du « grand opéra », combinaison de spectacle à grands effets, d’actions, de ballets et de musique. La plupart des opéras de ce style furent écrits par des compositeurs étrangers installés en France : La Vestale ( 1807 ) de Gaspare Spontini et Lodoïska ( 1791 ) de Luigi Cherubini, tous deux Italiens, ainsi que Masaniello, ou La Muette de Portici ( 1828 ), de Daniel-François-Esprit Auber ( 1782-1871 ). Ce style atteignit son apogée dans les œuvres fleuve du compositeur Giacomo Meyerbeer, comme Robert le Diable ( 1831 ) et Les Huguenots ( 1836 ). Faust ( 1859 ), de Charles Gounod, fut l’un des opéras français les plus populaires du milieu du XIXe siècle et il est toujours très présent à l’affiche au XXIe siècle.

Le compositeur français le plus productif de la dernière partie du XIXe siècle fut Jules Massenet, auteur notamment de Manon ( 1884 ), Werther ( 1892 ), Thaïs ( 1894 ). Les autres œuvres caractéristiques de la période furent Mignon ( 1866 ) d’Ambroise Thomas, Lakmé ( 1883 ) de Léo Delibes, Samson et Dalila ( 1877 ) de Camille Saint-Saëns et Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, compositeur parisien né en Allemagne qui s’imposa comme le maître de l’opéra-comique français du XIXe siècle, appelé opéra-bouffe. À la fin du XIXe siècle, Gustave Charpentier composa Louise ( 1900 ), opéra réaliste d’un style très différent, mettant en scène des ouvriers de Paris. Par ailleurs, Claude Debussy renouvela le genre de l’opéra avec cette tentative originale qu’est Pelléas et Mélisande ( 1902 ). Parallèlement, le plus grand succès de l’opéra de tous les temps reste Carmen de Bizet ( 1875 ).

L’Opéra romantique allemand de Ludwig van Beethoven, Carl Maria von Weber, Richard Wagner et Richard Strauss, est l’héritier musical du Singspiel, qui devient rapidement obsolète au XIXe siècle

C’est en Angleterre que le compositeur d’origine allemande Georg Friedrich Haendel fut le plus apprécié. Il écrivit quarante opéras dans le style italien pendant les années 1720-1730, après quoi il se tourna vers l’oratorio.

Wolfgang Amadeus Mozart a écrit lui aussi des opéras, une petite vingtaine en tout si l’on compte les « actions théâtrales » mises en musique. Mozart composa son premier opera seria ( œuvre sérieuse en italien ) à l’âge de 14 ans, en 1770, pour une commande milanaise. Ce fut Mitridate, re di Ponto ( Mithridate, roi du Pont ) d’après une tragédie de Racine.

Dans les années 1780, l’empereur d’Autriche voulut créer un genre national, dans lequel les opéras seraient évidemment chantés en allemand. C’est dans ce contexte que fut composé le Singspiel Die Entführung aus dem Serail ( L’Enlèvement au sérail ). Néanmoins, l’empereur ne donna pas suite à sa lubie, et l’opéra allemand dut attendre Wagner pour se faire un nom.

Mozart composa vers la fin de sa vie cinq de ses opéras les plus joués. Les trois premiers ( Le nozze di Figaro, Così fan tutte et Don Giovanni ) sont considérés comme une trilogie, car leur livret a été écrit par le même auteur, Lorenzo da Ponte, un aventurier aux mœurs légères ( il était l’ami de Casanova, et à la fin de sa vie, exilé aux États-Unis, il fera donner l’un des premiers opéras chantés sur le sol américain, à savoir Don Giovanni ). Don Giovanni avait été créé en 1787 à Prague.

En 1791, l’année de sa mort, Mozart composa deux opéras : le premier, La clemenza di Tito ( La Clémence de Titus ) est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs opéras serias jamais écrits. Le deuxième, La Flûte enchantée a été filmé par Ingmar Bergman. Ce dernier opéra doit son livret à Schikaneder, un organisateur de spectacles alors lourdement endetté qui vit dans la Flûte enchantée l’occasion de se refaire une santé financière. La Flûte enchantée contient l’un des airs les plus redoutables de l’opéra pour la technique et les suraigus qu’il exige, un air interprété par la Reine de la Nuit qui s’intitule Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen ( Une colère terrible consume mon cœur ).
Le premier grand opéra allemand du XIXe siècle est Fidelio ( 1805 ) de Ludwig van Beethoven. Carl Maria von Weber composa l’opéra romantique allemand Der Freischütz ( 1821 ) et les opéras tout aussi rocambolesques Euryanthe ( 1823 ) et Oberon ( 1826 ).

L’opéra allemand atteignit l’un de ses sommets avec Richard Wagner qui donna naissance à ce qu’il a appelé le « drame en musique », dans lequel le texte ( dont il était l’auteur ), la partition et la mise en scène étaient inséparables. Ses premiers opéras, tels que Le Vaisseau fantôme ( 1843 ), Tannhäuser ( 1845 ) et Lohengrin ( 1850 ), conservèrent des éléments de l’ancien style. Ses plus grandes œuvres furent Tristan et Isolde ( 1865 ), les quatre opéras composant l’Anneau du Nibelung ( 1852-1874, comprend L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux ), Les Maîtres chanteurs de Nuremberg ( 1868 ), où il décrivit les guildes médiévales, et Parsifal ( 1882 ). Les œuvres de Wagner font un grand usage du leitmotiv, terme musical identifiant un personnage ou une idée revenant régulièrement dans toute l’œuvre.

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Giacomo Meyerbeer et le Grand Opéra.

En Allemagne, l’influence de Wagner se poursuivit dans pratiquement tous les opéras, jusque dans Hänsel et Gretel d’Engelbert Humperdinck ( 1893 ), inspiré de contes pour enfants. La figure dominante fut Richard Strauss, qui utilisa une orchestration et des techniques vocales similaires à celles de Wagner dans Salomé ( 1905 ) et les poussa à l’extrême dans Elektra ( 1909 ). Le Chevalier à la rose ( 1911 ) devint son œuvre la plus populaire. Cet opéra fut suivi, entre autres, d’Ariane à Naxos ( 1912 ), de La Femme sans ombre ( 1919 ) et d’Arabella ( 1933 ).

L’opéra fut introduit en Russie dans les années 1730 par des troupes italiennes et il fit bientôt partie des divertissements de la cour impériale et de l’aristocratie. De nombreux compositeurs étrangers, comme Baldassare Galuppi, Giovanni Paisiello, Giuseppe Sarti, et Domenico Cimarosa ( ainsi que beaucoup d’autres ) furent invités en Russie et reçurent des commandes d’opéras, principalement en langue italienne. En même temps quelques musiciens nationaux étaient envoyés en Europe ( ainsi Maxim Berezovski et Dmitro Bortnianski ) pour y étudier la composition d’opéras. Le premier opéra composé en langue russe fut Tsefal i Prokris du compositeur italien Francesco Araja ( 1755 ). les compositeurs Vassili Pachkevitch, Yevstigney Fomine et Alexis Verstovsky contribuèrent au développement d’un opéra russe.

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Feodor Chaliapin dans le rôle d’Ivan Susanin dans l’opéra de Glinka Une vie pour le tsar


Toutefois le véritable acte de naissance de l’opéra russe est dû à Mikhail Glinka et à ses deux opéras, Une vie pour le tsar ( 1836 ) et Rousslan et Ludmilla ( 1842 ). D’autres chefs-d’œuvre suivirent : La Roussalka et Le Convive de pierre d’Alexandre Dargomyjski ; Boris Godounov ( 1874 ) et La Khovantchina de Modeste Moussorgski ; Le Prince Igor ( créé en 1890, après sa mort ) d’Alexandre Borodine ; La Demoiselle des neiges ( Sniegourotchka ), Sadko et Le Coq d’or ( 1909 ) de Nikolaï Rimski-Korsakov ; Eugène Onéguine et La Dame de pique de Tchaïkovski.

Ces œuvres reflétaient l’importance croissante du nationalisme russe, composante d’un mouvement slavophile plus vaste, dans l’ensemble de la création artistique. L’œuvre de Pouchkine, considéré comme le fondateur de la littérature russe, fournit l’intrigue de nombre de ces opéras, notamment :

    • Rousslan et Ludmilla, poème épique ( 1817-1820 )
    • Eugène Onéguine, roman en vers ( 1823-1831 )
    • Boris Godounov, tragédie historique ( 1825 )
    • Le Convive de pierre ( 1830 ), sur le thème de Dom Juan
    • Le Chevalier avare ( 1836 )
    • La Roussalka ( 1832 )
    • La Dame de pique, nouvelle ( 1833 )
    • Le Coq d’or, conte ( 1834 )


Les traditions de l’opéra russe furent reprises par de nombreux compositeurs, parmi lesquels Serge Rachmaninov qui composa Le Chevalier avare et Francesca da Rimini, Igor Stravinski avec Le Rossignol, Mavra, Œdipus Rex, et The Rake’s Progress, Serge Prokofiev avec Le joueur, L’Amour des trois oranges, L’Ange de feu, Les fiançailles au couvent et Guerre et paix; en encore Dmitri Chostakovitch avec le Nez et Lady Macbeth de Mtsensk, Edison Denisov avec L’écume des jours, et Alfred Schnittke avec Life With an Idiot et Historia von D. Johann Fausten.

L’opéra a été une des premières œuvres littéraires en wallon, qui contribuèrent à conférer un statut respectable à cette langue. Les quatre opéras de Simon de Harlez, de Cartier, Fabry et Vivario, connus sous le nom de « théâtre liégeois », furent créés en 1756, et joués régulièrement sous l’Ancien Régime devant les princes invités en Principauté de Liège.

Ils furent republiés par François Bailleux en 1854 et contribuèrent à la naissance de la Société de langue et littérature wallonnes en 1856.

En 1757, Jean-Noël Hamal, formé à Liège et à Rome, fit aussi représenter à Liège plusieurs opéras en wallon, dont Li Voyedje di Tchofontaine ( Le Voyage de Chaudfontaine ), qui fut joué à Liège il y a quelques dizaines d’années, avec Jules Bastin dans la distribution. Il en existe un enregistrement noir et blanc ( sans sous-titres ) qui a été diffusé par la RTBF ( télévision ) en décembre 1996, à la mort de Jules Bastin.

Depuis toujours, l’opéra est un art vocal et la prima donna, le pivot d’une production réussie. Toutefois, au XXe siècle, l’accent a également été placé sur la production dans son ensemble, le chef d’orchestre, le metteur en scène et le décorateur jouant des rôles aussi importants que ceux des chanteurs.

Plusieurs opéras ont été écrits spécifiquement pour la diffusion, comme Amahl de Gian Carlo Menotti et Owen Wingrave de Benjamin Britten ( 1971 ), composés tous deux pour la télévision. La version cinématographique de La Flûte enchantée de Mozart par Ingmar Bergman ( 1974 ) a atteint un public large, au même titre que le Don Giovanni de Joseph Losey en 1979.

Dans le dernier quart du XXe siècle, l’opéra, malgré ses efforts artistiques et technologiques, est confronté à une crise financière. Dans la plupart des pays, les compagnies sont largement subventionnées par l’État ; aux États-Unis, les principaux mécènes sont les fondations privées, les entreprises commerciales et de généreux donateurs. Néanmoins, de nouveaux opéras sont sans cesse construits, en France, l’Opéra Bastille à Paris ( 1989 ) ou l’Opéra de Lyon, répondant à un souci de perfection acoustique autant qu’à une stratégie politico-culturelle déterminée.

Le perfectionnement des techniques d’enregistrement, d’une part, permettant une bonne écoute des œuvres à domicile, le coût des grandes productions, d’autre part, exigeant un certain amortissement de la conception, ont en effet contribué à la diffusion médiatique de l’opéra ( classique, s’entend ) au XXe siècle auprès des élites cultivées et à faire de lui le genre le plus prisé de la bourgeoisie intellectuelle.

Dès les années 1990, plusieurs maisons d’opéra ont entrepris une politique de popularisation, visant essentiellement un public jeune, en diminuant de manière sensible le prix des places. Au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, par exemple, les formules d’abonnement pour les moins de 28 ans commencent à 30 euros ( 90 euros à l’Opéra national de Paris ). Par ailleurs, le service pédagogique mène un travail d’information et de sensibilisation à destination des écoles, visant à fidéliser le public de demain. Ce type de stratégie se généralise de plus en plus, sortant progressivement l’opéra du cadre élitiste dans lequel il s’était enfermé depuis la fin du XIXe siècle.


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