Mon témoignage [ Partie 10 ]

Quand j’étais plus jeune et encore aujourd’hui, je n’arrêtais pas de revivre sans cesse, encore et encore des scènes de ma vie courante.
Je me vois en train de les faire, comme dans ma tête j’aimerais bien les faire, comme j’aimerais bien les faire si je n’avais pas ce blocage, ce fossé immense entre mes pensées et la réalité.
Sinon, quand je parle moins, mais je parlais beaucoup aux animaux qui étaient dans ma vie, mes chats, mes oiseaux etc. J’ai tenu des conversations très longues avec ceux-ci et j’ai encore cette tendance là encore.


En fait, pour mes perruches ( 03 ), je les imaginais en train de se parler elles, sans que moi je sois présent dans la conversation forcément. Je pouvais rester des heures comme ça, dans ma chambre en train de le faire.Sinon, tous mes animaux, je leur donnais des noms bien à eux, et je leur inventais une vie, avec les paroles qui vont avec.
Aujourd’hui encore, bien que j’en ai un peu honte, je fais converser mes chiens entre eux deux, et je participe à leurs conversations dès fois, je leur explique des choses etc.
C’est drôle je trouve, bien qu’un peu étrange, mais j’ai besoin de ça, ça leur donne plus de chaleur, plus de charisme je ne sais pas, une prestance plus importante que le vide de la pensée animal de base. Pour être précis, je pense que ce que je dis, c’est le prolongement de leur personnalité, ce qu’ils se disent en fait, ou se qu’ils se diraient, si ils pouvaient parler.

L’imaginaire joue un grand rôle dans ma vie, c’est ma base, ma structure, ce sur quoi je m’accroche pour ne pas m’ennuyer, d’ailleurs, je ne m’ennuie pas vraiment grâce à ça.
Il m’est très difficile de discuter encore aujourd’hui, c’était encore bien pire avant. Toutes les directions que je prends, sont de mauvaises directions, car le stabilisateur est défaillant, il est mal réglé, il ne me dit pas que là, je dois être, comme si ou comme ça.

Quand on me dit quelque chose, par exemple, comme ça m’est déjà arrivé, on m’a dit au téléphone, lors d’une intervention sur une alarme intrusion, de nourrir le poisson rouge, j’ai donc cherché ce poisson rouge, mais la personne a fini par rire, en me disant qu’il n’y avait pas de poisson rouge. Il faut dire que sa blague était subtile, car elle n’a pas dit que ça en était une, n’a pas rit, mais pourtant, j’aurais du deviner ce qu’elle pensait.

Du coup, tout le monde en profite car ils trouvent qu’avec moi, ou plutôt contre moi, on rigole bien. J’ai confiance aux gens, naïvement, je me dis, nous sommes dans un contexte sérieux ( la sécurité ), et donc personne ne me ferait ce genre de blague ou d’appeler en se faisant passer pour une télésurveillance, car il y aurait eu un risque, le risque que lors d’une vraie intervention, je l’aurais refusé, et ça me serait retombé dessus.

Quand je parle de ce stabilisateur, c’est celui qui nous indique exactement, ce que les autres attendent, ce que l’on doit faire et comment s’adapter, c’est vraiment très difficile et je n’y arrive pas vraiment, donc j’imite et je souffre après.
Mon ex ( Florence ) a essayé de m’indiquer où je devais placer le stabilisateur, enfin les failles que j’avais par rapport à ça, en me disant de sourire, pour que le sourire dans ma tête, ressorte plus etc.
Donc, je me suis mis à sourire, un peut bêtement d’ailleurs, car je n’avais pas de limite, à savoir quand il faut le faire ou pas, Alors des fois, je ne le faisais pas quand il le fallait, et d’autre fois je le faisais, alors qu’il ne le fallait pas, à présent, je le fais moins, mais il y a pas si longtemps, je le faisais tout le temps, je devais avoir l’air niait…

Avant qu’elle m’apprenne tout ça, je parlais aux gens, et ils m’envoyaient parfois balader.

Un jour, j’étais dans une station service, je passe à la caisse, je suis très poli comme d’habitude ( ça on me l’a appris ) et donc, je dis bonsoir, merci et au revoir et la personne, à la caisse me dit de façon sèche en gros :
_ C’est bon, moi aussi j’ai eu une dure journée,
Ca m’a énormément surpris, je suis resté  » con « .

En fait, je souriais, mais pas réellement, du moins, ça ne se voyait pas, moi, je ne faisais plus attention, j’en avais l’habitude depuis le temps.

Le pire, c’est l’ironie. Quand on dit quelque chose de gentil, sans sourire, ni intonation, donc avec une voix morne, comme je l’avais, les gens prennent ça pour de l’ironie. Un : merci de votre accueil sans expression ou avec un sourire, forcément forcé, sera pris pour de l’ironie.

Ca créé des soucis aussi, au niveau du relationnel, de fait qu’on doit me croire faux.

Le problème c’est que les gens se contredisent, je trouve, ce qui rend les choses beaucoup plus difficile. Ils disent qu’il faut être franc et honnête, mais quand nous le sommes on nous le reproche.

Je me souviens que j’avais été chez un ami, il y avait toute sa famille, ( son père, sa mère et lui-même ) et je trouvais que ça ne sentait pas bon chez eux, alors, naturellement, je dis : ça ne sent pas bon ici, faudrait mettre du parfum !

Ce qui fut d’ailleurs fait très rapidement ; je l’ai constaté la fois d’après. Mes parents, ils ont rigolé car ils trouvaient ça cocace… je n’avais pas trop compris sauf quand ils me l’ont expliqué, j’ai commencé à saisir un peu la chose…

Quand j’avais 13 / 14 ans, mon grand frère, Eric, est décédé, nous avons été le voir à la morgue, et je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais pas envie de pleuré, et je n’ai pas pleuré d’ailleurs, alors, on m’a dit que c’était étrange et entre eux ( la famille ) que j’allais sûrement le faire durant l’enterrement, que c’était souvent comme ça, parce que jusqu’ici, je ne comprenais pas etc.

Arrivé à l’enterrement, j’ai trouvé bon de pleurer, de façon que tout le monde m’entende, comme ça, j’étais un bon garçon, je faisais ce que tout le monde attendait de moi, comme on me l’avait indiqué.

De retour de l’enterrement, ma cousine Sylvie était avec nous, elle nous avait suivit avec sa voiture. Elle vient vers moi et me dit sèchement : Ce n’était pas la peine de pleurer en le faisant exprès, de te forcer. Cette phrase m’a marqué, à vie je crois. Pourquoi elle me disait ça ? Avait-elle compris que j’étais dans l’imitation, elle allait tout foutre en l’air, elle allait tout savoir, et je serais abandonné, car ma mère verrait qu’à l’école, j’ai vraiment des capacités, que je suis autonome et que je n’ai pas besoin d’elle…

Ensuite, je trouvais bon de passer à autre chose, tout le monde disait qu’il fallait tourner la page, qu’il fallait continué à vivre, donc, j’arrêtais pas de dire, qu’il fallait profiter, que la vie était belle, je chantonnais même, en souriant, et ma famille n’a pas apprécié, mon père, ma mère et ma sœur m’ont même méprisé je crois, ils m’ont jugé en me disant que je devrais avoir honte, j’ai eu honte du coup, j’ai même beaucoup pleuré, ça avait l’air de leur faire tellement plaisir…

Donc,  » tout naturellement « , je devais continuer ainsi, ça faisait plaisir aux autres, et moi, je devenais  » normal « , je ne faisais pas honte à ma mère, comme elle me le disait. Plus j’étais un modèle comme les autres, et plus ma mère avait l’air de m’aimer, surtout, de me donner de l’attention, de ne pas me reprocher d’être anormal, de me faire remarquer par mon comportement etc.

Ces mensonges m’ont vraiment joué de sales tours, j’en paie encore le prix aujourd’hui. Je vais devoir réparer tout ça.

0 commentaires à “Mon témoignage [ Partie 10 ]”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire


Syou Plé vous souhaite la bienvenue !

Laissez-vous guider...

Pour que chaque jour compte

février 2008
L Ma Me J V S D
« jan   mar »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829  

Une belle contradiction

Une belle contradiction

Notre plus grand combat nous oppose à nous-même !

Notre plus grand combat nous oppose à nous-même !

  • Album : Mes chiens
    <b>45.jpg</b> <br />

Sondage

Que pensez-vous de ce blog ?

Voir les résultats

Chargement ... Chargement ...

Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Petit Rappel

Conformément au code de la propriété intellectuelle (loi n° 57-298 du 11 mars 1957). Il est interdit d'utiliser et/ou reproduire et/ou représenter et/ou modifier et/ou adapter et/ou traduire et/ou copier et/ou distribuer, l'un des quelconque éléments – photos, poèmes, articles personnels – publiés sur ce blog de façon intégrale ou partielle, sur quelque support que ce soit – électronique, papier ou tout autres supports – sans l'autorisation expresse et préalable de l'auteur. Blog créé le 21 janvier 2 008 – Dixcrétion – tous droits réservés -

cornillonchristophe |
Les Livres de Loïc ! |
UN PEU DE POESIE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Franck Bellucci
| Les maux du coeur
| Mes mots...