Mon témoignage [ Partie 13 ]

Si on essaie de prendre le problème à bras le corps, on se retrouve devant un nombre immenses de difficultés, non pas que les nombres me font peur, mais ces difficultés sont progressives, c’est-à-dire que si j’essaie dans régler une, d’autre se créeront à partir de cette base, etc etc.

Pour expliquer les choses, c’est tout aussi difficile, d’où l’intérêt d’avoir lu le livre de Daniel Tammet, car extraordinairement, il a su mettre le doigt sur les choses anormales et celles qui ne le sont pas. Quand on lit son livre, on peut avoir une sensation de simplicité, mais il est faux de garder cette simplicité là en tête, car même si il est écrit de manière compréhensive pour tous, le travail qu’il a dû faire sur lui-même, m’impressionne, presque autant que ses capacités mémorielles.

Il a dû se retrouver face à sa forêt de  » mini  » structure dans tout ce qui le concerne : Les actions, les comportements, les mots, les difficultés et les absences dans le sens large, vis-à-vis de ce que les autres eux, ont.
Comment comparer, car pour comparer, il faut avoir en visuel les deux forêts, la sienne, et celle de l’autre. Je ne pense pas qu’il a eu la capacité de connaître parfaitement la sienne, quoique, mais surtout, de connaître si bien que cela, celle de l’autre, ou des autres.


Il doit sans doute avoir une grande déduction, une grande capacité d’observation, et une logique tout aussi grande, qui lui permet de faire des liens.

En ce qui me concerne, j’ai un peu de tout ça, sauf ma capacité mémorielle, en général, qui est assez médiocre je dois l’avouer…
Mais l’imprécision me perturbe, celle des autres, car elle me rend la vie parfois difficile, c’est pourquoi, certaines de mes capacités imposées, dans le sens où, ayant voulu absolument être normal et le voulant toujours, par contrainte, j’ai dû acquérir des capacités, que sans doute, je n’aurais pas eu sinon.

Quand je vois mes difficultés en face, droit dans les yeux, ce qui est tout nouveau, je me dis que j’ai quand même beaucoup de chance, et que sans ces capacités, ma vie serait tellement rude, je serais une sorte de martien sur cette chère terre.

Quand la simplicité devient complexe :

Un sourire, par exemple, ça parraît tellement anodin, mais le sourire en lui-même est très complexe, il y a le sourire mesquin, ironique, complaisant, hautin, moqueur, condescendant, abusif etc.
Alors, comment savoir quand sourire, comment sourire, et comment bien associer le sourire, avec le reste du visage, avec la bonne posture, les bons mots qui vont avec, etc. N’est-ce pas complexe ça ?

Pourtant non, tout le monde le fait si naturellement, qu’au fond, je les ai toujours admiré pour ça, c’est pour cette raison, que d’observer les gens est si passionnant.

Les expressions, les sous-entendus, l’humour, le subjectif, l’abstrait sont des complexités sans doute encore plus grandes.

J’ai toujours cette tendance à imager les choses, sans trop savoir pourquoi, alors quand on me parle d’âme, comment pourrais-je l’imager ?
La subjectivité est parfois tout aussi complexe, car elle n’est pas mesurable, est bouge, elle n’est pas fixe, ce n’est pas comme les chiffres auxquels nous pouvons toujours compter dessus, c’est sans doute pour ça que je les aime tant.

Quand on me dit : se creuser la cervelle, bien entendu je sais ce que ça veut dire, mais néanmoins, je vois dans ma tête, une pelle, qui creuse notre tête, pour ensuite arriver au cerveau, et creuser dans celui-ci, afin d’arriver à l’idée, préalablement enfui dans la mémoire, afin de la ressortir en la brandissant avec fierté.

Ceci ne facilite guère les interactions. Mais ma déduction m’aide, bien souvent, mais parfois, je tombe à côté de la plaque, et ça me gène oui, même quand je suis incapable de dire ce que je pense, quand je panique, et que je m’enfonce encore plus, j’ai ce sentiment que tout m’échappe, et je n’aime pas.

C’est pour cela, que l’on doit me répondre de manière clair et précise, en faisant des phrases complètes. Si on me dit dans une conversation ; j’étais mal, mais un ange m’a sauver. Pour la personne, vu le contexte d’ensemble, ça va lui parraître évident que l’ange, c’est moi, mais moi, naïvement, je vais lui demander qui est cette ange. Car je n’en suis tellement pas sûr, et puis, je connais mes fausses interprétations, et la distorsion cognitive me fait horreur.

Les codes sociaux que l’on est censé apprendre naturellement établissent un tas de choses, ainsi que les barrières, ce qui doit se faire, et ce que ne doit pas se faire.
De ce fait, chaque chose est bien a sa place, il y a le temps de paroles précis, les gestes, le bon ton, le bon débit de paroles, l’harmonisation de ce que nous disons, avec le corps et les expressions. Il faut aussi poser des questions, pour que l’autre voit qu’on s’intéresse à lui, et avoir l’air surpris quand il dit quelque chose qui est censé être surprenant, ce qui est dur à savoir, à doser et à évaluer, ou avoir l’air heureux, content pour lui, ou avoir aussi, suffisamment de réparti pour que l’autre ne crois pas qu’on se moque de lui, qu’on s’en moque.

Autant de complexité que j’ai plus ou moins appris à faire. De plus, depuis que j’écris, j’arrive mieux à structurer mes idées quand je parle, à savoir ce qui est susceptible d’être intéressant, ou pas, j’ai aussi appris en dehors de ça, à respirer quand je parlais, car j’étouffais presque avant, car j’oubliais de reprendre ma respiration, je peux même ne plus béguailler quand je parle, regarder l’autre dans les yeux, voire l’écouter si je suis en forme.

Bien entendu ce n’est pas vraiment simple, mais je commence à m’en sortir un peut mieux. Mais j’ai toujours du mal à savoir que ce que je vais dire, va intéresser un, et pas un autre, quels sont les signes qui peuvent m’aider à ça ? Sans doute la catégorisation, j’imagine, de voir dans ce que la personne parle de façon général, si ça correspond à peu près, à ce que je pourrais lui dire, je ne vois que ça.

J’ai encore beaucoup de mal avec cette ensembles de choses, c’est vrai, je crois que j’aurais toujours du mal avec ça, mais ça ne m’empêche pas de m’améliorer, de plus, je sais fort bien que quand j’imite, temporairement, les gens me voient comme quelqu’un de normal, c’est que je suis plutôt doué pour ça, mais ça ne trompe pas au long terme, ma vraie nature reprends toujours le dessus, plus ou moins car, si elle prenait totalement le dessus, on me prendrait pour un fou, c’est sûr.

Je ne discute, de façon à peu près naturelle, en ce moment, que sur un forum, et les gens là-bas me connaissent bien, ils savent que j’ai ces problèmes là pour la plupart, bien qu’ils soient surpris à chaque fois, car je n’en donne pas l’impression, mais ils ne sont pas tous dupes.
C’est vrai que c’est rassurant, et je me vois mal dire ça à chaque personne avec qui je discute, donc dans la vraie vie ( en dehors du forum ) je préfère imité, quand c’est du court terme, ce qui est un bon moyen de passer inaperçu, et, de toute façon, n’ayant pas de diagnostique, ne sachant pas qui je suis, j’aurais du mal à leur expliquer, de façon concise ce que mon état engendre, mais je peux au moins le faire à mes amis, mais il faut de longue  » séance  » afin que j’en fasse le tour, mais bon…

Le jour où j’aurais un diagnostique, je ne vous cache pas mon soulagement, de pouvoir mettre un mot sur tous ces maux, et de pouvoir l’expliquer, le dire, si vraiment je n’ai pas le choix, mais j’éviterai de le dire là où ça pourrait me porter préjudice, comme au travail, je le dirais qu’à mes amis, donc ceux qui sont très proches de moi, sur le forum, ils seront au courant, puisque ils sont proches de moi, et sont pour la plupart atteint d’une maladie mentale assez handicapante eux aussi, mes amis pour que je puisse de temps à autre, être naturel, me relâcher, et bien sûr à ma famille proche.

Ceci ne m’empêchera pas de faire des efforts, bien au contraire, surtout, que ces efforts pourraient donner de l’espoir à des gens comme moi, car je viens de remarquer qu’il y a des gens qui me ressemblent, et qu’ils se situent dans une catégories, que je n’énoncerais pas encore, puisque tant que je n’ai pas de diagnostique, je ne puis rien affirmer, d’où ma frustration, car consciemment et inconsciemment, je le cherche et je me cherche depuis l’âge de sept ans, alors il serait tant que je sache, non ?

Il est vrai que je suis obsedé par la précision, mais c’est bien elle qui m’a un peu sauvé, car si je n’étais pas aussi précis, aussi rude envers moi-même, comment aurais-je bien pu m’en sortir aussi  » bien  » ?
Au moins, je suis à peu près compris, ou dû moins, ce que je suis compris, je pense bien le devoir à cette précision, et à ma rudesse envers moi-même.

Avec ceci, je crois que vous comrpendrez facilement, pourquoi j’adore conduire, je suis même un peu obsédé, – bien que ça tend à se perdre – par la conduite, par celle des autres aussi.
En même temps, c’est ma petite vengeance, eux, maîtrise bien mieux que moi les relations sociales et tout ce qui va avec, mais moi, je maîtrise mieux que beaucoup, le code de la route et tout ce qui va avec, donc je deviens exigent envers eux, car eux, le sont envers moi. Ce n’est pas très malin, je l’avoue, mais ça le mérite de me soulager, et là, c’est moi qui donne les leçons, non eux.

Ah ! Si tout pouvait être aussi simple que la conduite automobile. Un livre de code, pas bien épais, et des statistiques pas bien complexe, et en plus, c’est à peu près figé.
Si nous devrions faire un livre sur les codes sociaux, il serait vraiment épais, et de plus, il devrait être mis à jour en permanence, et ne serait valable que pour un seul pays, – vu que je ne voyage pas… – et que pour une seul culture, par simplicité.

A côté de ça, le code de la route c’est du gâteau, c’est vraiment rassurant de conduire, car au moins, on peut anticiper plein de choses. Il est vrai que l’on peut également avoir des surprises, soit, mais elles sont rares. La marge de manoeuvres est elle, beaucoup plus restreinte, ce qui rend les choses plus simples.

Je fais comme j’essaie de le faire avec les interactions et les relations sociales, je fais des statistiques. Je ne prends pas de feuilles avec plein de chiffres, et de calculs complexes, non, mais ces statistiques, je les calcule dans ma tête so on veut, ça me donne des probabilités.

Ca ressemble un peu à ça : Je divise les choses en catégories, moi, les autres, ma voiture, leur voiture, les piétons, les vélos, les cyclomoteuristes, les motards, les animaux aussi, la météo etc.
Dans chaque catégorie correspond des comportements, des manoeuvres possibles, des plus possibles, aux moins possibles selon la fréquence etc.
Ensuite je fais des liens entre toutes ces choses-là, et ça me donne un tout, avec le livre de code à l’appuie.

C’est dur à expliquer car je ne me dis pas que je vais le faire, et comment je vais le faire, car ça ce fait tout seul, je pourrais même le faire, sans savoir que je le fais, donc bien sûr, sans pouvoir l’expliquer.

 

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