Echos d’étoiles, extrait : les Jeunes Amants

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À présent, nerveux, le ventre noué, il attendait sa compagne dans la hutte nuptiale. Il rêvait de sa peau ambrée, des soies de sa chevelure. Cette nuit, elles seraient siennes.

Elle apparut soudain dans l’ombre des flammes. Sa main gauche, à hauteur d’épaule, empoignait le manche ivoire de son poignard féroce. Un rictus menaçant étirait ses lèvres ; jamais, ô jamais elle ne fut plus belle qu’en cet instant. D’une beauté indicible, du moins jusqu’à cet instant.

Akhan et Chaïka se dévisagèrent durant ce qui sembla une éternité.

Lors, il se jeta sauvagement sur elle…
…maîtrisant sa main au poignard. Entrelacés, ils roulèrent sur la couche. Elle criait de rage. Il fut sur elle. Point de jets de flammes ; seul, le feu fou et brûlant de ses yeux. Il serra si fort son poignet qu’elle lâcha son arme. Elle parut soudain très lasse.

« Ne me touche point. » murmura-t-elle. Il se lova à ses côtés.

Ils ignoraient tout de l’amour.

Il lui baisa gauchement la joue. Ils frissonnèrent tout deux à ce toucher. Elle le repoussa avec rudesse. Il l’assaillit alors : il rencontra ses lèvres et s’en empara avec extase. Elle s’échappa, ébahie.

« Qu’est-ce que… Lèvres sur lèvres ? »

Il eut un rire bref. Lorsqu’il se pencha sur son visage, elle le frappa de toute sa force. Il rugit. Avec fureur, il déchira son corsage et sa jupe. Il calmit sous un baiser soudain qui le désarma. Avec audace, elle lui ôta la chemise et, comme il se levait afin de retirer ses chausses, retorse, elle étira le bras et saisit son poignard d’ivoire. Accroupie, nue, l’arme en main, elle était l’incarnation même de la sauvagerie. Tant attirante que dangereuse. Tel le papillon séduit par la lueur, Akhan s’approcha de la sauvageonne, esquiva le coup mortel et désarma derechef la jeune fille déchaînée. Quand il fut sur elle, il lui caressa le bas-ventre, lui arrachant un gémissement. Elle lui lacérait le dos de ses griffes. Dans une lutte effrénée, il lui embrassa le ventre, remonta la poitrine, vint à la rencontre des lèvres avides qui l’attendaient. À la conquête de sa beauté vierge, il explora des siennes la moindre parcelle de sa peau d’ambre. Les jeunes amants tremblaient dans les ténèbres.

Il se releva à demi et effleura les oreilles en pointe, insolites, de la jeune fille.

« À quel monde appartiens-je ? », demanda-t-elle. Ses yeux dessillés reluisaient, ambrés par le feu.

Lui voulait se perdre dans leur feu propre. Il n’avait foi qu’en une chose. « À celui de mes rêves… » murmura-t-il.

Ils ne se quittaient pas des yeux. Même quand il la posséda, bien qu’elle hoquetât de douleur, elle soutint son regard gris, qui sondait en vain son âme. Puis ils furent emportés tous deux par les lames houleuses du plaisir, oublieux de tout ce qui n’était point l’autre. Et il ne cessa de l’embrasser, ne pouvant se rassasier d’elle.

Un aiguillon brûlant le transperça soudain de part en part.

Il ébaucha un mouvement pour se coucher à ses côtés, mais elle le pria de rester en elle.

*

Elle aimait la sensation de son corps soudé au sien.

Elle sentit les larmes de son amant rouler sur son sein. Elle prit le beau visage dans ses deux petites mains.

Chaïka ne pouvait le croire : Akhan pleurait en silence. Elle baisa ses pleurs salés, ode à leur première nuit.

« Akhan… »

Il demeura muet ; comme un petit enfant, il posa sa tête sur sa poitrine et chercha le réconfort dans la douceur de ses bras. Elle effleura, timide, les épaisses boucles de jais.

Lors, elle songea à cet amour neuf et chaste qu’ils venaient de conquérir dans les bras l’un de l’autre.

Elle mira le visage inconnu reposant sur son sein. Les traits détendus, apaisés, le faisait paraître plus jeune encore. Bienheureux, il dormait profondément ; Chaïka le veillait. Leurs mains demeuraient étroitement liées, leurs doigts entrecroisés. Elle sentait le souffle chaud et paisible sur sa poitrine.

Elle détacha sa main de la sienne et frôla du doigt les lignes pures du visage de son amant, l’arc parfait des sourcils ébène, la ligne bridée des yeux félins, frangée d’épais cils, l’arête droite du nez, la pulpe des lèvres closes, le doux creux du menton.

La pluie battait contre les parois de la hutte.

Le jeune homme, étrange, avait émergé de son rêve éternel pour la prendre. Il lui avait fait don de son être, sans réserve, la laissant s’imprégner à jamais des merveilles insoupçonnées que recélait son corps puissant et doux.

Provenance de l’excellent site d’Azumi : http://azumi57.unblog.fr/

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