Rap & R’n'B

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  • Rap

Le rap est un genre musical appartenant au mouvement culturel hip-hop apparu au début des années 1970 aux États-Unis.

Aux premières heures les MC, ( masters of ceremony, maîtres de cérémonie ) servaient juste à soutenir les DJ, et les parties rappées étaient simplement appelées MC-ing.

Le rap est interprété comme le rétroacronyme des expressions anglaises rhythm and poetry ou rock against police ( dû à une rébellion de jeunes des années 1980 contre la police ).

Le rap comme le reste de la culture hip-hop cumule un aspect festif et un aspect contestataire. Les thèmes abordés varient selon les genres et ont évolué selon les époques. Comme la soul et le funk dont ils s’inspirent, les textes traitent des sujets communs à toute la musique populaire occidentale c’est-à-dire la vie quotidienne, l’amour ou le sexe.

De nombreux groupes de rap ont également des textes à vocation contestataire qui le rapprochent du punk et de la poésie de la beat generation. La première chanson de ce genre est The Message écrit par Melle Mel et chanté par Grandmaster Flash. Ces textes, parfois très virulents contre les symboles du pouvoir, la police ou la justice notamment ont stigmatisé le rap pour une partie de la population. Pour David O’Neill, le succès de The Message a favorisé en France une conception très politisée du rap contrairement à des racines américaines plus hédonistes :  » Le premier hit à envahir la France fut The Message, titre conscient sur les conditions de vie des ghettos. D’où cette idée biaisée que le rap serait une musique sérieuse qui tirerait sa légitimité de la revendication sociale alors qu’il a toujours parlé de sexe, de rue et de musique.  » On peut citer le groupe américain Public Enemy ou le groupe français Assassin. Les critiques violentes sont en fait assez minoritaires et l’aspect contestataire se limite le plus souvent à une dénonciation qui passe par les descriptions des problèmes sociaux tels que le racisme, la pauvreté, le chômage, l’exclusion. En réaction contre la dramatisation de certains paroliers, des rappeurs abordent la vie quotidienne des quartiers populaires d’un point de vue positif.

Une thématique récurrente, notamment dans le gangsta rap, tourne autour de la société de consommation et des symboles du pouvoir, comme les femmes, les voitures ou les armes à feu. Les rappeurs jouent sur ces fantasmes et se construisent des personnages en général sans lien avec leur vraie personnalité et leur quotidien réel. Des critiques ont été faites contre ces textes qualifiés de sexistes, matérialistes ou prônant la violence, par des hommes politiques et par une partie du milieu rap.

La religion est également présente, notamment le christianisme dans le rap américain.

Les rythmes de la musique du rap ( ce n’est pas toujours le cas des paroles ) sont quasiment toujours des rythmes 4 / 4 ou 2 / 2. Dans sa base rythmique, le rap « swingue ». S’il ne compte pas un rythme 4 / 4 carré ( comme dans la musique pop, le rock, etc. ), le rap se base plutôt sur un sentiment d’anticipation, un peu similaire à l’emphase du swing que l’on retrouve dans le jazz. Comme celle-ci, le rythme rap comprend une subtilité qui fait qu’il est rarement écrit comme il sonne. C’est en quelque sorte un rythme 4 / 4 basique auquel s’ajoute l’interprétation du musicien. Il est souvent joué comme « en retard », d’une manière détendue et douce.

Ce style a été amené de manière prédominante par les musiques soul et funk, lesquelles répétaient tout au long des morceaux leurs rythmes et leurs thèmes musicaux. Dans les années 1960 et 70, James Brown jette les bases sur lesquelles sera fondé le rap : une musique rythmée ( ses enregistrements sont encore aujourd’hui une source de samples inépuisable pour les DJ ), un style de chant saccadé, parfois parlé ou crié et des textes véhiculant une forte identité et des revendications sociales ou politiques ( en particulier Say It Loud, I’m Black And I’m Proud qui devient un véritable hymne de la communauté noire américaine ). C’était le parfait tremplin pour pousser les MC à écrire leurs rimes. C’est d’ailleurs toujours ce qui attire le plus dans le rap : l’emphase mise sur les paroles et la prouesse de leurs élocutions. Le rap instrumental est peut-être la rare exception à cette règle. Dans ce sous-genre du rap, les DJ ( ou disc jockeys ) et les producteurs sont libres d’expérimenter avec la création de morceaux instrumentaux. Tandis qu’ils peuvent prendre des sources sonores comportant des voix.

L’instrumentation rap découle de la musique disco, funk et R&B, à la fois sur le plan de l’équipement sonore et des albums échantillonnés. Alors que le mixage réalisé par les DJ disco et de clubs avait pour but de produire une musique continuelle avec des transitions discrètes entre les morceaux, celui réalisé par Kool DJ Herc a lui donné naissance à une pratique visant à isoler et à étendre les seuls breaks en les mélangeant entre eux avec deux copies du même morceau. À l’origine, les breaks ( ou breakbeats ) étaient les transitions à l’intérieur d’un morceau, composées surtout de percussions. C’est ce qu’Afrika Bambaataa décrivit comme « la partie du disque qu’attend tout le monde… où ils se laissent aller et font les fous » ( Toop, 1991 ). James Brown, Bob James et Parliament – parmi d’autres – ont longtemps été des sources populaires pour les breaks. Sur cette base rythmique, on pouvait ajouter des parties instrumentales provenant d’autres albums (et beaucoup l’ont fait). L’instrumentation des premiers samples utilisés est la même que celle de la musique funk, disco ou rock : voix, guitare, basse, clavier, batterie et percussions.

Alors que l’originalité de la musique rap provenait principalement des breaks des albums du DJ, l’arrivée de la boite à rythmes ( appelée en anglais beat box ou drum machine ) a permis aux musiciens du rap d’intégrer des fragments originaux à leur musique. Les sons de la boite à rythme étaient joués soit par-dessus la musique produite par le DJ, soit seule. La qualité des séquences rythmiques est progressivement devenue centrale pour les musiciens de rap, car ces rythmes étaient la part la plus dansante de leur musique. En conséquence, les boites à rythme ont rapidement été équipées pour produire des kicks ( sons de grosse caisse ) avec une basse puissante et sinusoïdale en arrière-plan. Cela a permis d’émuler les solos de batterie bien produits de vieux albums de funk, de soul et de rock datant des années 1960 et 70. Les boites à rythme avaient de plus un stock limité de sons prédéterminés incluant des cymbales, des grosses caisses, des caisses claires et des toms.

L’introduction des échantillonneurs ( ou sampleurs ) a changé la manière dont le rap était produit. Un échantillonneur permet d’enregistrer et de stocker numériquement des petits passages sonores provenant de n’importe quel appareil disposant d’une sortie électrique, comme une platine-disque. Les producteurs ont donc pu échantillonner les sons de batterie des albums de leur jeunesse. Plus important encore, ils ont pu sampler des sons de cuivre, de basse, de guitare et de piano à ajouter à leurs rythmes. Et le rap avait finalement son orchestration au grand complet.

Le caractère dur et énergique des sonorités de la musique rap, souvent assez éloignées du son plus organique des autres genres musicaux, constituent un obstacle à la reconnaissance du genre en tant que forme artistique à part entière. Même les groupes de rap ayant un orchestre utilisent souvent les samples et le son dur et énergique des machines pour créer leurs rythmes en studio ( lors de concerts, ils les recréent habituellement avec un orchestre ). Le rap est l’objet d’une méprise répandue selon laquelle les samples et les boites à rythme sont des techniques pour musiciens paresseux ou encore qu’ils ne sont qu’une pâle compensation pour un « véritable » orchestre ( cette considération étant d’ailleurs courante pour toute musique faisant usage de ces techniques ). Dans les faits, les producteurs de rap sont souvent à la recherche d’un timbre, d’une texture et d’une fréquence précis pour leur sample et leur séquence rythmique. Un batteur jouant en direct le break de Funky Drummer de James Brown ne peut se substituer à son sample. Toutefois, on peut noter ces dernières années une tendance de retour vers les instruments originaux avec des musiciens et producteurs tels que Timbaland, Outkast, The Roots et The Neptunes.

Le flow est la manière dont le rappeur chante. Il est en général plus rapide et plus rythmé que les autres types de chant. Le flow peut être se concentrer sur le rythme, se rapprocher de la parole ou plus rarement mélodique. Les procédés poétiques classiques tels les métaphores, allitérations et assonances sont utilisées massivement. L’argot est souvent utilisé.

Le rap semble formellement se rapprocher de la culture africaine dont se réclame le mouvement hip-hop. Le chant scandé du MC évoque en effet le griot, poète et musicien qui chronique la vie quotidienne ou est invité à chanter lors des célébrations ( ex : mariage ). De même, le retour à une musique essentiellement basée sur le rythme plus que sur la mélodie ramène aux polyrythmies de percussions africaines.

Une grande partie des premiers DJ et MC sont d’origine jamaïquaine. Les sound systems jamaïcains ont donc eu un rôle dans l’apparition du rap dans les ghettos Noirs américains.

L’ancêtre le plus proche du rap est le « spoken word », apparu au début des années 1970 avec quelques groupes confidentiels dont les Last Poets ainsi que Gil Scott Heron. Il s’agit à cette époque de la déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection.

Le Hip-Hop, lui, est né en 1974 avec DJ Kool Herc, et les premiers raps étaient réalisés par des MC ( Maîtres de Cérémonie ) qui faisaient des rimes toutes simples pour mettre l’ambiance en soirée.

Le premier morceau de rap proprement dit, King Tim III du groupe Fatback Band, voit le jour en 1979.

En 1979 , quelques mois après, le premier tube rap sort en 45 tours, c’est Rapper’s Delight du Sugarhill Gang. Les rappeurs y sont accompagnés par un orchestre funk et il ne s’agit que d’une vulgaire caricature de la révolution qui se prépare dans les rues New Yorkaises. On peut noter aussi la parution de Magnificient Seven en 1980 du groupe punk anglais The Clash.

En 1982, The Message de Grandmaster Flash fut la révolution annoncée. Il s’agit du premier tube hip hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d’ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu’on entend sur l’enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash ( le DJ – concepteur sonore ). Le rappeur n’avait pas le rôle de premier plan qu’il a aujourd’hui. Les rappeurs américains tel que Run DMC critique le racisme des blancs dans leurs chansons, la majorité des auditeurs sont alors des noirs. C’est Puff Daddy, qui a calqué la musique rap sur les chants doux très en vogue chez les blancs aux USA afin de conquérir le marché blanc.

Les années 1980 furent celles de l’explosion du rap avec des groupes politiques comme Public Enemy ou entertainment comme Run-DMC. Dans la lignée du Do It Yourself des punks New-Yorkais ( le hip hop fut d’abord surnommé le « punk noir » ), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché ).

Il s’agit d’une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d’une part sous l’influence de la Universal Zulu Nation ( ou plus communément appelée Zulu Nation ) d’Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip hop le moyen d’éloigner les jeunes des drogues et des gangs et d’émuler leur créativité, d’autre part en tant que témoignage d’une vie difficile ( rap  » hardcore  » ).

Initialement issu des quartiers défavorisés, le rap à ses débuts est souvent un exutoire au mal-être et aux revendications des jeunes qui les habitent. Les propos violents ou crus sont fréquents, volontiers provocateurs ( Fuck tha Police de NWA ou C’est clair de NTM ). Le rap est donc accueilli par le grand public plus comme un phénomène social que comme une forme artistique à part entière.

La fin des années 1980 est désignée comme l’âge d’or du rap. À New York, la guerre des crews se termine. Les crews réunissaient des rappeurs ( souvent des dizaines ) du même quartier, réunis autour d’un producteur charismatique. Le plus célèbre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui on attribue l’invention du sampling ( échantillons extraits d’autres morceaux puis inclus dans les boucles ). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs ( luttes ) avec les lyricists ( paroliers ) des autres quartiers. On se souvient surtout de KRS-One, du South Bronx, qui a osé défier le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The Bridge is Over qu’il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.

L’âge d’or, c’est donc l’émergence à New York des duos DJ-MC comme Gang Starr ( DJ Premier et Guru ), Eric B & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l’œuvre de Marley Marl ; et en Californie d’une nouvelle scène Gangsta avec surtout les Niggaz With Attitude ( NWA ).

NWA se présentait comme un groupe revendicatif et violent, sur certains points politisés à la manière des groupes New-Yorkais comme Public Enemy. Le culte du Gangsta ( gangster ) naquit avec le tube Straight Outta Compton ( voir l’album Straight Outta Compton ).

Certaines personnes critiquent la médiatisation et la commercialisation du rap qui l’aurait détourné des valeurs qu’il revendiquait encore 15 ans plus tôt. Le rap est devenu un courant musical très à la mode et des quantités très importantes d’argent sont en jeu. Des radios spécialisées sont apparues mais privilégient les artistes « grand public » dont la promotion est assurée par les majors et aboutissent à une certaine homogénéité au détriment des artistes indépendants. Certains font remarquer que le rap est depuis le début une musique grand public qui comme tous les genre, contient en son sein des artistes commerciaux et d’autres plus indépendants et peut-être plus créatifs.

Les évolutions du rap sont nombreuses. On peut parler par exemple de « hip-hop instrumental » ou  » abstract hip-hop  » ( RJD2, Big Dada, DJ Krush ), une musique très élaborée qui se base sur la rythmique Hip-Hop. Le rap s’inspire et se mélange aussi aux autres genres jusqu’à brouiller les frontières : rock et métal avec la fusion et le rapcore, trip-hop avec l’abstract hip-hop musiques traditionnelles ou encore électronique.

  • R’n'B

Le R’n'B ( aussi orthographié RnB, R&B ) ou R&B / Hip-Hop ( comme le désigne le magazine de référence américain Billboard ) est un genre musical apparu au milieu des années 1990, né de la rencontre entre le hip-hop, d’un côté, et le funk et la soul, de l’autre ( les Américains parlent aussi de Contemporary R&B ).

C’est Teddy Riley, le créateur du new jack swing qui a officiellement annoncé la mort du courant précité en 1994 coïncidant avec la naissance du hip-hop-soul ( avec Mary J. Blige, the  » Queen of Hip-Hop / Soul  » produite à l’époque par Puff Daddy ), aussi appelé heavy R&B et aujourd’hui tout simplement R&B ou Contemporary R&B ( le terme R&B étant synonyme de musique populaire afro-américaine aux É.-U. ) ou Hip-Hop / R&B.

Le RnB est un style musical créé avant tout pour faire danser, même si on y trouve aussi beaucoup de ballades.

Le RnB a été précédé par le New jack swing et encore avant, par l’Urban dans les années 1980, ce dernier terme étant aussi encore utilisé aux États-Unis pour désigner ce genre musical.

Le RnB ne fait pourtant pas partie du mouvement hip-hop, les rappeurs invitent souvent des chanteuses pour interpréter leurs refrains dans leurs morceaux, et celles-ci se sont lancées en solo ( un bel exemple est celui d’Ashanti ), c’est pourquoi il y a plus de chanteuses que de chanteurs dans le rnb. On peut noter que beaucoup de chanteuses sont influencées par le mouvement Girl Power ( Mary J Blige considéré comme la reine, Beyoncé, etc. ). La manière de chanter RnB est directement issue de la soul et du gospel.

Au départ donc, les musiques ressemblaient aux morceaux de rap ( mais avec des couplets mélodiques et non plus du rap ), puis peu à peu, le rnb a inventé son propre style, et par la suite le rap a utilisé des musiques de style rnb ( Ja Rule par exemple ). Il est difficile de cataloguer certains artistes rap ou RnB ( Black Eyed Peas, Eve, Lauryn Hill ).

Rencontrant d’abord un succès auprès des DJ et un public de connaisseurs ( Aaliyah : Back And Forth, Brandy : I Wanna Be Down, Zhané : Groove Thang… ), les premiers succès RnB arrivent en France dans la première moitié des années 1990 avec notamment Boyz II Men : I’ll Make Love To You, Shanice : I Love Your Smile, et même les Françaises de Native : Si la vie demande ça, puis de nouveau en 1996 et 1997 ( R. Kelly : I Believe I Can Fly, Blackstreet : No Diggity, En Vogue : Don’t Let Go ( Love ), Usher : U Make Me Wanna, Shola Ama : You’re the one I love ).

Puis les premiers succès commerciaux sont arrivés et le R&B a été de plus en plus diffusé à la radio ( En France, la radio Fun Radio appelait cette musique le groove ) : Usher : You Make Me Wanna ( 1997 ), Brandy & Monica : The Boy Is Mine, Faith Evans : Love Like This, Des’ree : Life en 1998, et en 1999 : Destiny’s Child : Bills, Bills, Bills, TLC : No Scrubs.

Le RnB a alors véritablement explosé et les Français se sont également lancés dans l’aventure ( déjà Tribal Jam avaient chanté de la new jack en français ! )

Cette musique touche généralement plus le public adolescent qu’un public adulte. Les vidéo-clips comportent souvent des chorégraphies hip-hop.

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